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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 16:00

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 13:15

Chaque fois que je suis dedans, je me demande comment j'ai fait pour me faire piéger une fois de plus...

 

Pour les connaisseur, le bus de nuit est une sorte d'anti-madeleine de Proust qui vous fait dire que ça a des bon côté de vieillir...

 

Comment s'y retrouve-t-on?

 

La soirée bat son plein. Aux alentour de 23h, on rigole, on picole! Mais vers 2h du mat', tout le monde (les parisiens, les vrais) se barre... Il est temps de songer à regagner vos pénates. Vous, banlieusard, vous êtes un peu pris au dépourvu. Si vous aviez su, vous auriez pris le dernier train... Celui de 00h35. Mais, comme d'habitude, pris dans la fête, vous n'avez pas anticipé.

 

2h du matin. Ca y 'est, tout le monde est parti. Vous sortez de chez votre pote, seul, livré à vous même. Il vous reste deux choix : attendre la premier train à 5h20 ou prendre le bus qui met 2h à vous ramener à la gare située à 20 minutes à pied de chez vous... Autant choisir entre se faire raser un sourcil et manger la vieille pizza qui traine dans la vitrine du Grec depuis plusieurs jours...

Après quelques minutes d'hésitation, le deuxième choix sonne comme une évidence. Ce sera non pas la pizza, mais bel et bien le bus de nuit pour ce soir.

 

On marche frénétiquement jusqu'à l'arrêt. C'est un bus qui passe aléatoirement entre 10 minute avant l'heure indiquée et 20 minutes après. Il faut être là-bas en avance. Si on le rate, on gagne 1 heure de colle, c'est à dire une heure de plus à attendre le prochain... Déjà, pour les non initiés, trouver l'arrêt peut s'avérer être une chasse au trésor. Mais, une fois dans les alentours, on le repère facilement au nombre de "cadavres" gisant sur le trottoir. Nombreux sont ceux qui font une sieste... ou un coma en attendant l'arrivée de la voiture balai.

 

Le bus arrive. Il est plein à craquer. Tout le monde se rue vers la porte avant. Il faut être stratégique pour dégotter une place... A l'intérieur, à peine arrivé à la moitié du véhicule, ça pue déjà le vomi. Bon, on continue à avancer en espérant dépasser l'odeur. Là, d'autres passagers nous disent gentiment "si j'étais toi, j'irai pas plus loin: y'a quelqu'un qui a vomi au fond du bus". Ok, merci, ça venait donc du fond... On revient vers l'avant, on voit une place libre, on s'assois, satisfait... On se dit qu'il n'y a plus qu'à prendre son mal en patience. Sauf que l'odeur devient de plus en plus persistante. On regarde par terre, on se rend compte qu'on a les pieds dans le vomi du gars d'à côté qui pionce salement... Bordel! On se lève en sursaut. C'est une cellule de dégrisement ici.

Le chauffeur signale gentiment mais fermement que tout le monde doit être assis... Un gentil groupe de jeune vous propose un strapentin. On se croit sauvé, mais souvent on tombe sur des mecs qui sont très loins... Complétement bourrés, ils vous posent un tas de questions cons "t'es en quelle terminale?" "tu connais thibaut Dupuis? C'est l'ex de Margot" "tu joues en équipe 1 ou en équipe 2"... Gentiment, on rentre dans son jeu, flatté d'être rajeuni de la sorte...

 

Malgré la relative douceur automnale, toutes les fenêtres sont ouvertes et les chauffages sont à fond. On sue dans notre manteau. On a hâte de sortir. Le bus se vide, se rerempli. Comme vous, plusieurs personnes s'essaient à LA place vide du bus, puis se lève au bout de 10 secondes. Au bout d'un moment, le chauffeur se décide à agir. Peut-être que l'odeur du vomi a enfin atteind son nez ... Peut-être qu'il se dit que si personne ne nettoie ce vomi, c'est lui qui devra s'en charger au dépôt... Il se lève et va voir l'ivrogne qui dort. S'en suit un dialogue magnifique...

 

"- C'est toi qui a vomi?

 - Non

 - Pourquoi t'as du vomi sur ton manteau alors?

 - Je sais pas, laisse moi tranquille, c'est pas moi!

 - Tu veux dire que quelqu'un t'as vomi dessus, est parti et toi t'as continué à dormir?

 - J'en sais rien

 - Bon tu vas nettoyer, comme un grand garçon

 - T'es malade! Je ne nettoie rien! "

 

Devant le refus du passager, le chauffeur décide qu'il ne redémarrera pas avant que le vomi soit nettoyé... Tout le bus décide alors de s'en prendre au pauvre malade. Devant la vindicte populaire, les insultes et les menaces, il quitte le bus plutôt que de nettoyer les dégats. Un courageux se lève, fatigué d'attendre, il prend le sable, le balai et nettoie rapidement...

 

Le bus redémarre, puis se vide. Je suis tout seul dans le bus depuis un moment quand il arrive à ma gare. Il est 4h05, dans 20 minutes je suis au lit...

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 13:41

Ça avait commencé à m'étonner l'Automne dernier, ça continue à m'étonner aujourd'hui...

 

A Berlin, j'étais venu chercher un mode de vie. Sûr qu'il y avait dans cette ville des tas d'initiatives collectives pour vivre différemment. Je cherchais des lieux d'échanges, des ateliers collectifs. Je voulais trouver des endroits publics où l'échange serait promu, où je pourrais m'aguerrir à certaines techniques manuelles. Des endroits où l'on ferait la promotion du « faire soi-même », où je pourrais valoriser mon temps libre par l'apprentissage. Je me voyais apprendre la soudure ou la menuiserie... Et chaque fois que j'en parle à des gens, ils me disent qu'ils y en a plein, mais ne savent pas me dire où, ni comment on y accède.

Puis moi aussi, je n'ai jamais vraiment cherché ces lieux. J'ai évolué sans jamais être très actif. Je me suis trouvé très vite une forme de confort. La vie m'a amené vers la gastronomie. Le temps s'est accéléré. Avec lui, on se contente de ce que l'on a, on vivote et on cherche moins. On PROCRASTINE. On devient passif. On attend que les choses nous viennent.

On n'a pas la colloc de nos rêves, mais on s'y fait. Le travaille de nos rêve? Non plus. Mais après tout, quels sont nos rêves? On se dit que c'est quand même bien d'avoir un boulot dont l'objectif est de faire que le gens passent un bon moment, on se dit aussi qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas de colloc du tout... Et puis on ne connait pas le bruit du réveil, à part quand il sonne après la sieste, à 16h, afin de ne pas oublier d'embaucher...

On en attendait plus, mais finalement n'en attendait-on pas trop? Cette forme d'ennui, n'est-ce pas ce que l'on nomme le confort? Berlin offre un confort énorme, mais aussi un peu de frustration.

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 17:25

Une plongée (c'est le cas de le dire) dans le quart monde berlinois.

Dans la gastronomie depuis un an, j'ai démarré ma carrière au poste de plongeur. Ou plutôt chargé de plongée! 5 ans d'études, un master en poche, mes profs m'avaient bien dit qu'avec un tel diplôme je pourrait facilement postuler à des postes de chargé de plongée... AAaah de PROJETS!! Je n'avais pas compris...

On oublie souvent, quand on va au restaurant, que quelqu'un va laver notre assiette. Et pourtant...

Je n'ai fait ce travail que pendant un mois, je n'ai donc pas atteint le niveau tant admiré de « Master scuba diver ». Je suis néanmoins maintenant serveur, donc je continue à côtoyer des chargés de plongé, et parfois même, à progresser à leur côtés! Certains ont atteint des niveaux extrêmement hauts. Certains stagnent à des niveaux extrêmement bas, c'est ceux là qui me font finalement le plus progresser puisque je les aide en fin de service.

 

Le bon / le mauvais plongeur:

 

Bien sûr il y a des plongeurs rapides et des plongeurs lents. Ceux qui lavent plus blanc que blanc et ceux qui laissent des traces. Mais pour un patron, un bon plongeur est avant tout quelqu'un qui veut bien laver des assiettes pour... 5 euros de l'heure (souvent sans contrat et non déclaré). Un bon plongeur c'est quelqu'un qui ne part pas avant que la plonge soit finie. Croyez moi, lorsque les couverts s'amoncellent, que la pile d'assiettes grandit et forme une tour de Pise branlante, que la cuisine se vide car les cuisiniers rentrent chez eux (ils ont fini eux) et qu'il reste encore 3 heures de travail pour finir, il faut être solide psychologiquement pour accomplir sa tache jusqu'au bout. L'option « sortir par la porte de derrière » est séduisante. Renoncer à ce sacerdoce absurde (puisque chaque couvert sera inexorablement resali) est plus que tentant. Néanmoins, on s'accroche, on pense à la paye, on essaye de déconnecter notre cerveau. On se rappelle des mots de notre patron quand il nous a embauché : « c'est pas un métier facile, mais avec de l'habitude et une bonne organisation, tu le feras mécaniquement et tu pourras libérer ton esprit ». Mais le mal de dos nous rattrape... Dur de libérer son esprit quand on a mal aux lombaires.

 

Plongeur = fin mélomane

 

Heureusement, il y a le réconfort de la musique. Cette douce mélodie accompagne chaque geste du Spuler (plongeur en Allemand). Une fois les cuisiniers partis, il est possible de choisir sa propre radio. Maigre privilège quand il reste 20 marmites à gratter, mais c'est mieux que rien. (ce réconfort n'est pas valable si le voisin du dessus, misanthrope, ne tolère aucun bruit après minuit... Problème des zones denses urbaines...)

 

Le dessous des cartes

 

Mais qui sont ces hommes et même parfois ces femmes qui bravent la pression, le sale, le froid, l'humidité et se lancent dans de telles carrières!

Lorsque je suis arrivé à Berlin, j'avais un ami cuisinier dans un nouveau restaurant Hype au centre de la ville. Il m'a dit qu'il pourrait me trouver un travail. Je suis arrivé le Mardi, le Samedi j'étais en masque-tuba en train de plonger. J'avais pour collègues 3 Ghanéens et un Dominicain. Ce dernier me racontait d'ailleurs qu'il était prof de plongée (la vraie plongée) en République Dominicaine et qu'il avait rencontré sa copine Allemande dans ce cadre... Bien sûr personne ne rêvait de plonger. Tous étaient entre deux projets, un peu dans la merde... J'ai passé des moments agréables dans cette cuisine, de 16h à 4h du matin, à écouter de la musique, boire des bières, frotter et m'entretenir sur la marche du monde. Problème, la plongée dans ce restaurant, c'était 5 jours par semaine ou rien. J'ai donc choisi rien. Je suis allé dans un restaurant où trois jours suffisaient. J'y ai découvert un nouveau type de plongeur: l'Européen jeune, diplômé, voyageur et / ou paumé.

La cuisine des restaurants est donc un endroit privilégié pour faire un peu de géographie. Je travaille dans un restaurant français à Berlin. Le chef de cuisine est polonais, les autres cuisiniers sont Allemands. J'ai vu défiler au service des Français Allemands Marocains Américains Israeliens Coréens Citoyens. A la plonge des Français en quête de destin Berlinois (beaucoup), des Nigérians, Camerounais, Tunisiens, Allemands. Quel travail fait-on quand on vient d'arriver dans un pays, qu'on n'a pas de compétence technique particulière, voire qu'on ne parle pas la langue ? On enfile un masque, un tuba et on fait ce que personne ne veut faire... Chargé de plongée.

La dernière fois qu'un poste s'est libéré, le restaurant a posté une annonce sur internet pour trouver un nouveau chargé de plongée. A mon grand étonnement, le téléphone a sonné une vingtaine de fois le soir même. Avec 60 000 nouveaux arrivants l'année dernière à Berlin (principalement issus d'Europe latine), beaucoup de gens sont désormais prêts à faire ce que personne ne veut faire... Ceux qui ont un petit business l'ont bien compris.

N'oubliez pas quand vous mangez au restaurant que quelqu'un lave votre assiette, alors finissez vos plats!

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 15:05

Où sommes nous? Au Nord?! En êtes vous sûr? Pourtant, rien ne semble l'indiquer...

Déjà l'hiver semble pointer son nez. Il est temps de regretter l'été qui vient de passer. 

Berlin l'été est une ville différente. Même si parfois j'ai galéré, trouvant triste d'être ici en Juillet... Elle a le charme qu'ont toutes les capitales quand l'hiver se fait la malle...

Berlin l'été est une ville lente où personne ne semble travailler. Les gens vivent à l'exterieur, profitent de la chaleur. Les turcs répendent dans l'air l'odeur des chichas qu'ils fument sur un bout de trottoir. Les kebabs, gargottes, imbiss ne désemplissent pas. 

A Berlin l'été, les terrasses de café innondent la ville d'accents enjoués. Rires tropicaux venus des quatre coins de la méditerranée.

La végétation est luxuriante, savament négligée, peut-être dans l'optique d'une gestion différenciée. Des touffes d'herbes jaillissent entre deux pavés. Sur les trottoirs, des plantes commencent à pousser. Dans les parcs,  les parterres ressemblent à une jungle désorganisée. 

A Berlin l'été, on se prend à rêver que, si l'homme disparaissait, la nature reviendrait en quelques mois grignoter les paysages qu'on a mis des siècles à façonner.

Et quand vient la nuit, deux heures avant minuit, des lampadaires à gaz, sortis d'un autre âge, éclairent à peine la ville et la plonge dans une obscurité tiède.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 18:15

Mes nouvelles aventures.

 

Me voici lancé dans de nouvelles pérégrinations mondialisées. J'essaye de m'installer à Berlin. Je représente la minorité invisible. Les immigrés Européens. Un de ceux qui affluent en masse en Allemagne pour y trouver une meilleure fortune que dans leur pays d'origine. D'Espagne, de Grèce ou d'Italie (pour les « réfugiés économiques »), d'Angleterre, des Etats-Unis ou d'Australie pour les « réfugiés artistiques », ceux qui se sentent incompris dans leur pays d'origines et cherchent une vie/ville moins matérielle, moins rationnelle, où ils pourraient exprimer leur potentiel créatif à leur juste valeur. Bien sûr, les frontières entres ces deux catégories sont moins clairement définies: beaucoup d'artistes Espagnols ou Italiens viennent à Berlin. Mais comment vivre de son art dans un pays où la crise impose une rigueur peu favorable à l'art ou la culture.

 

Il est intéressant de voir les petits changements/conflits que génèrent ces nouvelles arrivées. Nouvellement attractive (depuis une dizaine d'années tout de même), la ville de Berlin voit sa sociologie évoluer. Jadis détruite par la guerre puis découpée par le mur, la ville s'offre une seconde jeunesse. Les culs de sac et les périphéries d'antan se sont retrouvées au centre du Berlin réunifié, offrant aux spéculateurs de nombreuses friches. Du même coup, les quartiers jadis populaires, soudain très à la mode se sont trouvés pris d'assaut par une classe créative mondialisée.

 

Qui sont ces gens créatifs?

 

Ils sont parfois les gagnants de la mondialisation, les nouveaux nomades, dont l'activité est souvent liée à internet, à la communication, au design, à l'art. Plutôt que la recherche d'un endroit « naturel » (zone périurbaine, jardin, clôture...) comme en rêvaient nos parents, ils recherchent un lieux orienté sur le monde, permettant de vivre le global à l'échelle locale. Un endroit qui participe à l'érosion des frontières nationales, culturelles, un endroit où les café Wifi, les restaurants du monde entier offrant des brunchs divers, variés et les galeries d'art permettent d'échapper aux contraintes du locale. Cette classe remplace peu à peu l'ancienne bourgeoisie. Elle évolue sur un marché immobilier global au cœur duquel Berlin côtoie Londres, Paris ou New York.

 

Ce qui est intéressant à Berlin, c'est que ce phénomène est récent. Les zones de frictions sont encore nombreuses. En plus d'offrir tous les avantages précédemment cités, la ville est très bon marché. Rien à voir avec Paris. Berlin est un peu à la captation des créatifs ce que la Chine est à la captation des industries manufacturière. Un Aimant. Un pôle. Le discount de l'attractif : où en Europe peut-on encore vivre en centre ville, boire plusieurs bières tous les soirs, participer à des spectacles de slam en Islandais, assister à des projections de courts métrages différents tous les soirs, voir du hockey sur glace, du foot, du basket, manger des kebabs, des currywurst, des pizzas, des vietnamiens très bons marché, dans des endroits différents tous les soirs, habiter dans une chambre de 20 mètres carrés, s'offrir le luxe de ne pas avoir de voiture, mais seulement un vieux vélo rouillé, et tout cela pour environ 700 euros par mois ?

 

C'est la GENTRIFICATION.

 

Mais les loyers augmentent, les bâtiment sont rénovés, la sociologie évolue. Les plus pauvres se retrouvent relégués en périphérie, les gens qui peuvent payer restent au centre. Rien de choquant pour un Parisien dont la ville a subit le même phénomène il y a des années (des décénnies). Nous sommes psychologiquement adaptés à cet état de fait. Mais ici certains (pas tous) considèrent cela comme une injustice. Pourquoi un Berlinois pure souche, qui a subit la ville lorsqu'elle était découpée, devrait aujourd'hui laisser sa place à un Australien (ou un Allemand, ce n'est pas un problème de nationalité) qui est prêt à payer le double pour avoir sa chambre? (la réponse semble être dans la question : parce qu'il a plus d'argent!)

Eh bien en Allemagne, ce n'est pas si logique: la suite au prochain épisode.

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 00:28

Merci à ceux qui m'ont lu, je le répète, dans les bons comme dans les mauvais articles... Certains jours, vous étiez plus de 45 et cela m'a donné une grande motivation. 

Un grand merci à mes partenaires de voyage, ceux qui m'ont accompagné, aidé, hébergé... Laura, Nadia, Franck, Solo, Noémie, Seghir, Joan, Fadi, Léo, Amine, Valérie, Anne-so, Gesy, Juliette, Susanna, Aurélie, Anne Laure (aka Anna pour la schizophrénie), Mathilde (aka Ciseau), Jerôme (aka Géronimo pour les intimes), Marie Caroline, Eric, Aurélie, Julia, Maya, Philip, Etc...

C'est risqué de citer les noms, désolé pour ceux que j'ai oublié... Parfois on ne se rappelle que des visages...

 

Je vais continuer à mettre quelques photos sur ce blog, corriger les fautes (nombreuses), compléter les articles, mais il va sans dire que l'activité va baisser. Ceci devrait être le dernier article... A moins que j'ai un bon coup de gueule à faire passer....

 

Bien le bonsoir, amateurs de prose.

 

PS: Je cherche du travail, si vous avez quelque chose d'intéressant dans les domaines de l'urbanisme, des sciences sociales ou/et du tourisme, contactez moi.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 23:48

Après un total de 190 heures passées dans des bus, après avoir pris tous les types de transports existants (trains / bateaux / avions / vélos...), après avoir dormi dans 34 auberges différentes, rencontré des centaines de personnes des 4 coins du monde, vu des lieux formidables, mon voyage s’est terminé soudainement, comme il a commencé. C’est ce qui fait la violence et la beauté de l’avion. En une nuit, sans transition, on passe d’une jungle à un désert, du froid au chaud, de Rio à Paris… 

Il est donc temps de tirer un bilan sélectif, encore à chaud de cette aventure. Je me sens un peu comme le coureur de 100 mètres, encore essoufflé, à qui Nelson Monfort demande de tirer un bilan de sa course.

« D'un point de vue personnel tout d'abord je dirais que j'ai fait un bon voyage, aussi bien sur le plan tactique que sur le plan technique ...» 

 

Connais-toi toi même !

 

Voyager seul est très intéressant pour apprendre à se connaître, prendre le temps de réfléchir à sa vie, ses envies, sans forcément trouver de réponses. Mais le simple fait d'y réfléchir est indéniablement important et ce à tous les âges.

Voyager seul, c'est bien sûr rencontrer des gens que l'on ne choisit pas forcément. Parfois on préfère être mal accompagné (ce message n'est pas adressé à tous ceux qui m'ont accompagné)... C'est ce qui est le plus intéressant puisqu'on se rapproche de personnes qu'on aurait sûrement ignoré dans un autre contexte. Cela implique d'être tolérant, de savoir dialoguer et faire des concessions. Ce sont donc des vertus hautement citoyennes et démocratiques qui sont en jeu.

A l'étranger, on apprend beaucoup sur son propre pays. D'une part, en relativisant par rapport au pays que l'on traverse, d'autre part, car on y rencontre énormément de Français. (lien article: Ici, on sait faire la fête...) Et quand on est en Bolivie, les différences d'âges, les rivalités régionales et autres préjugés s'effacent et on se retrouve à discuter avec des concitoyens, chose que l'on ne fait que trop rarement en France (rouvrons les lieux de convivialité !).

 

Le temps qui passe

 

Mais tout cela n'est permis que par un rapport au temps fort différent de ce qu'il est dans la « vraie vie ». Point clef de l'article, de mon voyage et des leçons que je pourrais en tirer.

 

Qui peut se targuer de se rappeler de chacun des jours qu'il a passé depuis 4 mois et demi ?


Le rapport au temps évolue favorablement quand on voyage. Il n'y a pas et il n'y aura sûrement jamais de moyen de ralentir la marche du temps. Finalement, prendre son temps équivaut à redonner de la valeur à ce bien inestimable. En somme, c'est un peu « tendre vers l'éternité » ! Nul besoin donc de s'évertuer à aller plus vite que la lumière, voyager c’est se réapproprier ce qui nous appartient : notre temps.

Le temps passe trop vite... quand les activités de divertissement ne sont chez nous que des passe-temps, le voyage est une ode à l'ennui et à la contemplation. Le temps n’est plus encombrant : savourons le présent et ennuyons nous un bon coup. (lien article: Le temps à Buenos Aires: Comment échapper à la dictature de l'action)

Voyager, c'est tuer Taylor ! (Le  lendemain de la première écriture de ces mots Elizabeth Taylor est morte... Désolé Hollywood. Je parlais bien sûr de Winslow Taylor, père du Taylorisme, du rationalisme temporel, du chronomètre.)

Cessons de montrer du doigt ceux qui « perdent du temps » dans leur parcours. La vie n'est plus une course.

 

Aidons nos jeunes à voyager : envoyez vos dons !

 

Le voyage forme des citoyens, mieux à même d'avoir une vraie réflexion critique sur les sociétés, leur pays et sur la vie. Il est une arme contre les préjugés et les idées reçues qui gangrènent le débat démocratique. Il devrait être aidé (pour les jeunes, financièrement via des bourses) et davantage institutionnalisé (services civiques, volontariats...). Il n'y a rien d'irréaliste dans cette pro-position, à condition qu'il y ai un projet de société derrière. Pour mémoire, quand le projet de notre société était de la défendre personne ne s'offusquait du coup faramineux d'un service militaire de plusieurs mois pour tous.

Cherche-t-on à former des libres penseurs susceptibles d'échanger et de mieux appréhender la complexité de la vie/du monde, ou veut-on des moutons consommateurs, victimes dans leurs choix des plus viles techniques que l'art de la communication/persuasion a enfanté?

Système scolaire : compétition, résultat, performance, restitution (surtout, ne pas contredire la parole du professeur, car lui seul détient le savoir).

Voyage : curiosité, rencontre, compréhension, partage, débat, ouverture d'esprit.

Ne stigmatisons pas le système scolaire : constatons juste que toutes les vertus citées précédemment sont importantes. Il y a donc complémentarité entre le système scolaire et le voyage pour former les citoyens.

 

Enfin, je suis satisfait d'avoir confirmé cette impression (qui n’était au début qu’un pressentiment) : « l'homme n'est pas un loup pour l'homme », j'entends l'homme de la rue (parfois aux plus hautes strates la question peut être reposée). Je n'ai que très rarement été confronté à la violence... Ce qui m'a surpris en Amérique du Sud est davantage la sympathie des gens à mon égard que leur ressentiment.

 

Je finirai en parlant de ce groupe de 16 jeunes Norvégiennes qui se trouvaient dans mon auberge la semaine dernière. Toutes âgées de 18 à 20 ans ; elles étaient à l'école de la deuxième chance dans leur pays. Elles étaient encadrées d'un jeune prof qui parle portugais et espagnol.  Le thème de leurs études est l'Amérique du Sud et durant 5 semaines elles ont sillonné le continent et appris à voyager. Quoi de mieux pour apprendre une culture que de visiter le pays ! La où en France on met les jeunes en mal de vocation dans des BEP, on les enferme dans des vies étriquées, certains pays essayent encore d'ouvrir l'esprit de leurs habitants ! Alors certes en Norvège, ils ont du pétrole, ils sont riches !

Mais en France, on a pas de pétrole et on n'a plus d'idées...

 

 Merci James, ça c'est patrimoine...

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 23:22

A Rio, certains diront que la nature est impressionnante mais qu'il n'y a pas forcément d'artefact d'exception. La main de l'homme n'aurait fait que magnifier un paysage déjà exceptionnel... Une œuvre paraît néanmoins sortir du lot et donner tort à cette théorie. C'est une œuvre qui a marqué mon voyage et ce blog puisqu'elle en est la photo officielle.

Il s'agit de l' « Escadaria de Selaron »: un escalier situé au centre de Rio dans un quartier vallonné réputé mal fréquenté.

 

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Hymne à la passion.

L'artiste, Selaron, est un sculpteur Chilien qui à vécu et travaillé dans plus de 50 pays avant d'atterrir au Brésil en 1983. Relativement pauvre, il s'installe dans le quartier de Lapa, dans une maison jouxtant l'escalier qui portera plus tard son nom. C'est ici qu'il a commencé son œuvre en 1990.

Cet œuvre est hautement symbolique : qui aujourd'hui donne de son temps (et de son argent) pour embellir l'espace public ! Personne (excepté certains graffitis)... C'est donc l'œuvre d'un passionné dans ce monde de plus en plus rationalisé ! D'ailleurs, il est inimaginable de commander à quelqu'un de refaire une telle œuvre. Cela n'a pas de prix : c'est le travail d'une vie. Cela ne peut donc être que l'initiative d'un homme libre et passionné.

 

« Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion ! » Hegel

 

Gigantisme !

Cet escalier est impressionnant par sa taille. Ce n'est pas un homme qui a carrelé son perron , mais bien une rue , un axe de passage fréquenté. 250 marches ! 125 mètres de long ! plus de 2000 carreaux ! Il est une excellente définition de l'Art : Technique (car il en faut beaucoup) + Passion + Sens. Ce travail redore la profession de carreleur (aucune ironie dans mes propos) et avec elle de tous les métiers techniques.

D'ailleurs quand Selaron va disparaître , j'imagine qu'il faudra plusieurs techniciens pour entretenir/continuer son travail.

 

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Mozaïque représentative du monde contemporain.

Cet escalier présente plusieurs niveaux de lecture. A l'échelle globale et à celle de la pièce de carrelage elle même. Il est le symbole de la complexité du monde et de la mondialisation.

A l'échelle globale on distingue des plages de couleur vive qui flattent l'oeil dans cet endroit plutôt gris  et mettent en valeur le Brésil. Quand on zoome, différents types de carreaux égaient la construction. Qui veut, peut envoyer un carreau à l'artiste. il s'occupera de son insertion paysagère. Plusieurs villes , pays , personnages de cartoons ont leur carreau. S'ajoutent à cela un certain nombre de carreaux dédiés à l'histoire du Brésil.

C'est une photo à un instant T de la culture mondiale , une sorte de musée à l'air libre devant lequel on peut passer des heures.

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Y a-t-il une autre oeuvre qui résume aussi bien la culture mondiale ?

 

En résumé le message sous-jacent est:

Pour la couleur, la dissymétrie, l'engagement des citoyens dans l'embellissement de la cité, l'appropriation de l'espace public et l'augmentation des libertés dans cet espace. Contre l'uniformisme rationaliste.

 

Seul le temps peut, œuvre magistrale

T'emporter tout entière, dans un souffle final !

 


 

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 16:38

 

Depuis le début de mon voyage, c'est la première fois que je reste aussi longtemps dans une auberge. Je commence à prendre racine bordel !

 

Walk on the beach hostel, Rio de Janeiro. C'est la première auberge où j'étais descendu en arrivant de France le 29 Novembre 2010 à 7 heures du matin. Sûrement la meilleure auberge que j'ai visité depuis le début. Et pourtant on y dort pas très bien : chambre de 12, 4 lits superposés de 3 étages (si si, ça existe), il fait chaud et c'est relativement bruyant.

Mais les gens y sont tellement attachants. Je me disais qu'au pays de la télénovela il pourrait y avoir un concept de sitcom intéressant.

 

Quelques personnages marquants.

Le barman : Bernardo, qui fait sûrement les meilleures Caïpirinha de Rio (c'est ce quse dit). Il travaille tous les jours de 20h à minuit et il a, selon moi, l'un des meilleurs jobs qu'il puisse exister. Discuter avec des gens qui viennent du monde entier, qui sont souvent curieux et intéressants, en leur servant des Caïpi. Que demande le peuple...

A l'accueil, Dominique : un Suisse Allemand qui avait commencé un tour d'Amérique du Sud il y a 2 ans et demi... à Rio... Finalement il en est encore à la première étape et n'a jamais vu l'Amérique du Sud. La faute de la propriétaire de l'hôtel qui a jeté son dévolu sur lui. Il a donc un rôle un peu plus important que simple réceptionniste.

Ce rôle était l'ancien rôle de Bo, un Danois, accessoirement l'Ex de la proprio avec qui il a fondé cette auberge jadis. Ils ne sont pas fâchés puisque Bo travaille encore à l'auberge. Lui est ici depuis 12 ans !

Puis il y a un autre réceptionniste gay et fière de l'être qui invite tout le temps son petit copain. Ils sont très tactiles et n'hésitent pas à passer quelques moments « perdus » à s'embrasser dans le lobby de l'auberge.

Une autre réceptionniste est casée avec un américain et rêve de se marier dans la petite chapelle du parc naturelle de Rio... Très jet set !

Voici pour le staff..

 

Mais les clients aussi seraient des personnages importants...

Il y a cette américaine qui n'aime pas qu'on dise qu'elle est américaine. Elle a des troubles identitaires et quand on lui demande d'où elle vient, elle préfère répondre « c'est compliqué... ». En fait, quand on gratte un peu, il n'y a rien de compliqué. Elle vit à Washington depuis toujours et est d'origine jamaïcaine. Mais peut être qu'elle a l'habitude de côtoyer des gens tellement peu curieux dans son pays qu'elle a renoncé a expliquer son cas... (Prends ça l'Amérique)

Bref elle est au Brésil depuis un bon mois avec quelques intermittences. Elle rêve de vivre ici, faire de l'humanitaire, aider les enfants... Je panse donc je suis (erci eric). Mais pour ça, il faudrait qu'elle trouve un appart'. Certains matins, elle part toute contente avec ses bagages à 8h en disant salut à tout le monde... « J'ai trouvé un appart' !». Et quand je rentre en fin d'après midi, je la vois sur le canapé...

« - Ben alors, t'es pas dans ton appart'?

    - Nan, mais c'est compliqué... »

 

Il y a cet autre américain qui est là depuis 2 semaines : il ne sort que très rarement. Il lit beaucoup, sur les Illuminatis, la théorie du complot, il a aussi un exemplaire de la bible très volumineux qu'il exhibe en le laissant toujours sur son lit. Quand on lui demande jusqu'à quand il reste, il répond « je vis au jour le jour, je n'aime pas prévoir ». Quand il ne lit pas, il est sur son ordi : son site de prédilection est latina.com. En fait je le soupsonne de chercher une femme depuis Rio sur Internet ! Marrant pour quelqu'un de si pieux... Mais sors ! Tu trouveras plus facilement !

Puis il y a quelques israéliens en fin de service militaireun couple mixte Danois et Italienne très sympa, 2 ou 3 Australiens... et une amie Bulgare, architecte, que j'avais rencontré à Cuzco. Mais comme la nature fait bien les choses, je la retrouve ici !

Bref, on n'est jamais seul ! La vie par procuration c'est pas ici...

Si un réalisateur est intéressé ! Tous les sujets pourraient être abordés et les personnages seraient faciles à changer !

Un salut à Amine qui est peut-être encore à l'auberge Carlos Gardel de Buenos Aires, où il vivait déjà depuis 5 mois quand je l'y ai rencontré.

 

J-3 : je commence à sentir le temps me manquer... Quand on voyage longtemps et que vient la fin, on peut peut-être ressentir ce sentiment normalement propre à nos aînés...

 

photo-bresil 0172

La coco est à moitié vide...

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